Surmédicalisation de la fin de l'existence

Je me pose la question de savoir où se positionner comme médecin en soins palliatifs. J'ai connu dans les années 1990-1995 l'option "zéro tuyau" qui est la position inverse de ce que je connais actuellement.
Vouloir être dogmatique entraine de devoir corriger notre position car rien n'est gravé dans le marbre. Il nous arrivait donc d'avoir un malade qui s'agitait et qui devenait confus de par une hypernatrémie et nous le traitions alors avec des neuroleptiques. Assez vite il nous est apparu qu'un perfusion de sérum physiologique était la solution et la seule pertinente.
Et puis progressivement nous sommes passés à une surmédicalisation de la fin de l'existence avec de plus en plus de prescriptions, de perfusions et de benzodiazépines pour masquer des symptômes pas très gênants. 

Je préfère quant à moi croire de plus en plus que l'expert numéro 1 est le malade ,que j'ai beaucoup à apprendre de lui et à respecter sa parole et de ne pas vouloir l'endormir.
Il me parait anormal de plus d'utiliser des formes injectables alors que le malade s'alimente et boit sans problème.
Cette réflexion m'est apparue un jour que je rentrais dans une chambre de l'unité de soins palliatifs et que j'ai vu un pied à perfusion sur lequel se trouvaient 4 pousse-seringue. Etais-je en unité de soins palliatifs ou en unité de réanimation?
Quand on veut laisser le plus de liberté au malade il faudrait donc penser à nos prescriptions et à devenir un peu plus raisonnable!!

Vos réactions (1)

L'éternel débat entre le dogmatisme et le pragmatisme... Oui, sachons revenir au bon-sens, une qualité qui est insuffisamment partagée de nos jours !

par Thalie , il y a 4 mois

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