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La sédation profonde et continue est loin d'être une banalité...

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La sédation profonde et continue fait partie de l’article 3 de la nouvelle loi Léonetti-Claeys du 2 février 2016 et c’est cet article qui fait débat depuis de nombreux mois même bien avant la promulgation de la loi. Sur le plan Ile de France une réunion a eu lieu  le 6 mars 2018 réunissant au moins 200 personnes à Paris afin de faire le point des outils et des recommandations et notamment comment pratiquer la sédation à domicile.


L'outil Sédapall a été présenté par le Dr Frédéric Guirimand puis par Bernard Devalois et les intervenants suivants ont décrit comment ils avaient mis en place la sédation dans leurs structures.Le texte officiel de l'HAS est publié et voyons le travail qui est devant nous pour permettre à nos malades dans des circonstances précisées dans la loi du 2 février 2016 de finir leur vie sans souffrance majeure entouré des siens en sachant que l'on termine son existence le plus souvent sans souffrance importante et sans sédation.
C'est un point important à diffuser car j'ai l'impression que l'on ne peut plus finir son existence sans sédation.
Que le médecin généraliste puisse prescrire du Midazolam, cela n'est que le petit bout de l'iceberg car tout cela relève d'une décision collégiale et il faut que le médecin puisse être présent lors de la mise en place de la sédation pendant deux heures . Qui va le payer et est ce que cet acte existe? Non pour l'instant mais avec le Covid 19 on ne peut pas laisser les malades finir leur vie en s'étouffant.
Nous ne sommes pas encore au chômage avant longtemps......

Vos réactions (3)

Dans la continuité de ce que vous dites et à a quoi je souscris complètement, je m'interroge sur le "tri" de nos aînés atteints du COVID-19. Nos journalistes TV n'en parlent pas tant ils sont dans le "compassionnel".
Le décret n° 360, paru au JO du 29 mars, autorise la délivrance du Ritrovil, ce qui permet aux EHPAD la sédation car il n'y a plus de place dans les hôpitaux et que les respirateurs manquent. Cette pratique n'est-elle pas à considérer comme une manière d'euthanasie, grave problème éthique qui s'inscrit en contradiction avec la loi Claeys-Leonetti ? En effet, les médecins ont ainsi toute latitude pour sédater "à mort" les patients sans consultation de la famille ni du collège de médecins qui devraient faire chorus. D'ailleurs, sur des sites professionnels comme celui de la FSPF, il est bien mentionné la délivrance de Ritrovil hors AMM en injection. Son administration, à mon sens, vise à tuer les patients avant qu'ils ne soient transportés à l'hôpital et à éviter ainsi l'engorgement.
Qu'en pensez-vous ? Votre analyse me paraît essentielle en cette période inédite.
Merci d'avance pour votre éclairage.

par Thalie , il y a 7 mois

Je pense avant tout que beaucoup de nos ainés ont payé un lourd tribu à ce virus et jusqu'à présent, les médecins sont dans l'accompagnement. Je le vois dans le cadre de réseau de santé où je travaille. Nous avons mis en place des protocoles en cas de dyspnée et d'asphyxie que nous avons envoyé aux 56 Ehpads de notre territoire. Une astreinte COVID 19 est en place aussi depuis début avril 24h/24 et 7j /7. Tout ceci permet de ne pas déraper vers une dérive euthanasique

par Francis , il y a 6 mois

Merci de votre réponse. Oui, l'accompagnement "collégial" (dont l'astreinte fait évidemment partie), s'inscrivant dans le cadre déontologique et légal, est le maître-mot et est propre à rassurer patients, soignants et familles, qui ne sentent ainsi pas seuls.
Question annexe et pourtant essentielle : quid des DA, actuellement ? La crise que nous traversons crée-t-elle une prise de conscience et en fait-elle augmenter le nombre ?
Bon courage à vous en tout cas !

par Thalie , il y a 6 mois

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